Dérapage télé: violence sportive?
Dimanche, 19 Décembre 2004. Suite à l'émission Stade2 sur France2 , je me suis permis d'écrire ce courrier à la chaine de télévision France 2
"Presque tous les dimanches soirs, mes 2 enfants (6 et 10 ans) et moi, nous regardons les résultats sportifs sur France 2. Le reportage de ce soir, sur le sport de combat total, à montré des
images des gens qui se massacrent à qui mieux mieux. Ce reportage et ce "sport" sont une insulte à l'être humain et au sport lui-même.
Comment les enfants peuvent-ils ne pas être choqués par ces images?
De plus le commentateur en parle de façon légère , comme si tout cela etait "normal".
Les origines de ce pseudo sport sont la misère pour les pratiquants et la misère intellectuelle pour les spectateurs.
Il fut un temps ou l'on nous apprenait à l'école ce qu'étaient les combats de gladiateurs dans les arènes romaines et à cette époque c'est l'empereur qui décidait de la vie ou de la mort du
vaincu.
Depuis nous avons beaucoup évolués: aujourd'hui tout le monde peut décider de la vie et de la mort de l'adversaire.
La télévision peut être le meilleur ou le pire des vecteurs d'information .
Ce soir c'est le pire: la banalisation de la violence, du voyeurisme et l'autorisation de les pratiquer sous le couvert du "sport"
Honte à France 2 et Stade2".
RÉPONSE DE FRANCE2
Cher Monsieur,
Nous avons bien reçu votre message concernant un reportage diffusé dimanche dernier dans Stade 2 et l'avons examiné avec la plus grande attention. Après visionnage de la séquence, voici les
observations dont je peux vous faire part.
Je peux tout à fait comprendre votre indignation de père eu égard à la violence incontestable de ce nouveau genre de combat et des images diffusées. J'attire cependant votre attention sur le fait
qu'au moment de lancer le reportage, Laurent Luyat a pris le soin de prévenir les téléspectateurs que les images étaient "choquantes, violentes". Par ailleurs, le reportage lui-même n'était pas
dépourvu de regard critique sur cette pratique. Aux propos d'un adepte qui expliquait que le football était beaucoup plus dangereux et plus violent que le combat libre, faisait notamment écho
l'interview d'un neurologue américain jugeant ce sport "dévastateur", estimant que le cerveau humain ne pouvait supporter de tels chocs sans séquelles irréversibles et que ce sport "ne devrait
pas être autorisé".
Puis un sénateur américain, engagé depuis des années dans la lutte contre l'expansion de cette pratique, évoquait un "spectacle pitoyable" et une fascination pour la violence "terrible pour la
société", tout en rappelant que "tout cela n'est qu'une histoire d'argent".
Ces points étant précisés, je vous rejoins sur le fait que la diffusion des images de ce sport, même dans le contexte d'un reportage qui entendait en dénoncer les dangers, puisse en soi poser
problème. Le surgissement inattendu d'images violentes ou choquantes au milieu d'une émission habituellement regardée par des enfants doit faire l'objet d'une réflexion et d'une vigilance
particulières ; j'ai donc transmis votre message à la direction des sports de France Télévisions, qui ne manquera pas d'en prendre connaissance avec attention.
Je vous remercie de vous être donné la peine de nous écrire pour nous faire part de votre sentiment, et vous prie de croire à l'assurance de ma considération attentive.
Vileno Antoine



