Sante Croce de Michele Colabella
Version originale (que j'ai écrite en phonétique française)
Quanne è ssuccèsse 'u terremote che é d'strutte Megghiane, so salvate sètte p'rzonne: sett'omm'ne. "'Ndo' ame i, 'ndo' ame i?", ze ne sonne jute'n goppe' u Chesale. Ellore z'anne fatte 'i
pegghiare o cce stev'ne...Quisti sette p'rzone sonne s'st'mate ella. Pero ènne sett' omm'ne sènze fémm'ne, t'nènne 'i crape. E guerdav'ne 'i crape... Ellore é fatte quille: "Me decche nu' stéme sett'
omm'ne: quand'anne steme steme, ch' ame fa'?.
E ssepènne che stéve ‘u me’rcate che ze ne v’nnév’ne ‘i crape… ère m’rcate : ze v’nnèv’ne ‘i fémm’ne e Urure. Va une, é ditte : « Sinde, mo’ me pòrte sètte crape e ‘i vaje e vvév’ne e
Urure ». ‘I s’rviv’ne pure i’ sòlde, no ? Mo’, cume ze chiame quiste n’u sacce, no ?, e mmanghe ‘i putéme da’ ‘ nu nòme…
Ecccusi zz’é ppertute quist’ome qquà e vva e Urure : de Sandecroce parte e Urure e pporte sètte crape, ch’evije vénne i crape, no’ che’vije ‘ cchetta ‘i fémm’ne… e quille de Urure ‘i crape ,
ch’i s’rvive ‘u latte e nne’ t’név’ne sole ‘i fémm’ne… Cume à nne viste ‘i crape ze sonne fatte ‘nnande, dice : « Ué », di e, « te vu’ ‘ chettà… » E fatte quille :
« Cume fecéme, cume ame fa’ ? « . Dice : « Ogne ccrape m’ate da na fémm’ne ».
E ssètte èrne…sèette crape. E ér’purtate sètte fémm’ne : évute sètte femm’ne. Z’à mésse ‘nnande pètte fémm’ne che z’à purtate e Ssandecroce. Sà , quille esp’ttav’ne ‘i solde, me ne’ espettàv’ne
‘i solde, me ne’ ‘spttàv’ne ‘i fémm’ne, mu ‘ mmàgg’ne…
Ellore sope questte, cume e ‘rruuate quiste, gnune z’e tyote ‘a femm’ne pe’ ccunde si’ e ànne riformate ‘u pop’le de Sandecroce. Per quande ade èsse’ vére, che n’n gghé bbusije, che Ssandecroce te’na
traggèd’che ch’a fèste de Sande Ndon’je che fanne ‘i carre ‘ngore oje cume e Urure…
Mo, quesse e Ssandecroce ‘u sanne : n’n vvonne èsse’ditte che lore d’scénd’ne d’i crape
Traduction
Quand un tremblement de terre a détruit Megghiane(1), sept personnes ont pu se sauver. Sept hommes.
« Ou doit-on aller, ou doit-on aller ? ».
Ils s’en sont allés sur le Chesale(2). Alors ils se sont fait des paillotes et ils s’y sont installés. Seulement ils étaient sept hommes sans femmes, ils n’avaient que des chèvres et gardaient les chèvres. Alors l’un deux à dit :
« Ici nous sommes sept hommes, combien d’années pourront nous continuer ainsi ? Que doit’ on faire, Que doit’ on faire ? »
Ils savaient qu’il y avait un marché ou l’on vendait des chèvres à Ururi(3). Un des hommes dit :
« Ecoutez, je vais emmener sept chèvres et je vais les vendre à Ururi. » . Ils avaient besoin d’argent aussi. Et c’est comme cela qu’est parti cet homme : de Santacroce à Ururi et apporte les sept chèvres qu’il devait vendre. Celui de Ururi, c’est des chèvres dont il avait besoin, le lait seules les femmes en avaient. Quand il a vu les chèvres qui avançaient il dit :
« Ohé, »
L’autre lui répond :
« Tu veux les acheter ? »
Et l’homme de Ururi lui répond :
« Comment faire , comment faits-on ? »
Il lui répond : « Pour chaque chèvre vous devez me donner une femme. »
Et sept chèvres elles étaient, sept chèvres. Et il a ramené sept femmes : il a eu sept femmes.
Il les a ramenés à Santacroce . Les autres s’attendaient à avoir de l’argent, mais ne s’attendaient pas à avoir des femmes, tu imagine…
Alors la dessus, quand est arrivé l’homme et les sept femmes, chacun à pris une femme pour son compte et c’est ainsi que s’est reformé le peuple de Santacroce. Si tout ceci est vrai (ce ne doit pas
être des mensonges), que Santacroce à la fête de Saint Antoine font les chars encore aujourd’hui comme à Ururi.
Mais ceci à Santacroce ils le savent : ils ne veulent pas que l’on dise qu’ils descendent des chèvres.



